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Réussite scolaire : les parents sont les plus stressés. 20 avril 2009

Posted by IsabelleM in Actu, Ecole.
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www.parentsdejuniors.com

image “Le premier signe de décrochage dans la relation à leur JUNIOR par les parents est le moment où ils commencent à déplacer leur stress de la réussite ou de l’échec scolaire sur leur enfant. Cela se situe en général vers le CM1”. C’est comme cela que Ludivine, institutrice, nous décrit ce passage intangible mais si important du stade de parent serein d’un enfant encore petit, dépendant et docile, au stade de parent de JUNIOR, plus secret, à la personnalité plus indépendante et moins influencés par le “fait tes devoirs” ou “il faut avoir de bonnes notes”. Rebelle aussi parfois.

L’APEL, Association des parents d’élève de l’école libre, a rendu public le 2 avril un sondage réalisé en février auprès d’un échantillon de 655 parents représentatifs réalisé par l’institut CSA. Il en ressort principalement que les plus stressés ne sont pas ceux que l’on croit : ce sont surtout les parents.A la question : « Avez-vous le sentiment que votre enfant est stressé par l’école ? », 31 % des adultes répondent par l’affirmative. Mais si on leur demande : « Et vous-même, vous sentez-vous stressé par la réussite scolaire de votre enfant ? », 52 % avouent que oui. Les motifs principaux d’inquiétude des enfants sont liés aux notes et à l’évaluation tandis que les parents craignent pour leur avenir. De là à penser que le stress des plus jeunes est – en partie – transmis par leurs aînés…

Dans une interview réalisée par Le Monde, Gisèle George, pédopsychiatre, indique que  « Les enfants sont stressés de plus en plus tôt ». Maux de ventre, irritabilité, problèmes de sommeil, perfectionnisme, volonté de tout contrôler, petites maladies à répétition : les symptômes sont nombreux. Elle affirme qu’il y a dix ans elle recevait principalement en consultation des adolescents de 17 à 20 ans, élèves de classe préparatoire, de terminale ou de première, mais depuis trois ans sa clientèle s’est largement ouverte aux collégiens de 11 à 13 ans.

Voire aux plus jeunes. Dans ce même article, un enseignant de CM2 explique que « Les parents sont de plus en plus inquiets. Ils veulent savoir où nous en sommes par rapport au programme. Certains donnent même des devoirs supplémentaires à leurs enfants. » Cela se traduit soit par des enfants « apathiques, car submergés par l’ampleur de la tâche » ou « qui posent beaucoup de questions, par peur de l’échec ». Un instituteur qui, comme Ludivine, passe de plus en plus de temps à recevoir les parents pour les rassurer et leur expliquer que « la pression peut être contre-productive ».

Et les preuves de ce stress – qui peut aussi être positivement interprété comme une vraie préoccupation du parent pour son enfant, à ne pas négliger – sont multiples :

Succès de librairie tels que “Qu’apprend-on à la maternelle ?” ou “Qu’apprend-on à l’école élémentaire ?” (Sceren-XO Editions)

Apparition de cahiers de vacances pour les petits, avec “Les Passeports de la maternelle vers le CP” ou encore “De la moyenne vers la grande section”.

Succès grandissant du soutien scolaire pour collégiens voire élèves de primaire. Ainsi, Gilles Battegay, directeur des Ateliers Optentiel, société de soutien scolaire créée courant 2008, affirme ainsi que “de manière complètement contre-intuitive par rapport aux prévisions de départ qui nous emmenaient vers 80% d’élèves de lycée et de supérieur, nous aidons aujourd’hui près de 50% d’élèves de collège dont près de la moitié en 6ème et 5ème. Egalement nous notons une demande de plus en plus forte de soutien en CM1 et CM2, auxquelles nous sommes souvent amenés à dire non car nous considérons qu’il est trop tôt pour mettre la pression à un enfant de cet âge. Par contre, nous répondons positivement aux recadrages méthodologiques ou aux cours complémentaires tels que l’anglais dès le primaire.”

Qu’en penser ?

La question est difficile. La limite entre intérêt porté à son enfant et stress exagéré de parents vivant au quotidien la dureté du monde adulte – en particulier celui du travail – est aisée à franchir. Réduire les phases de jeu, occuper voire sur-occuper les temps libres par des activités, sont ainsi des tentations pour parents angoissés de bien préparer leurs enfants à la dure réalité. Pourtant la plupart des psychologues s’accordent pour dire que le jeu dans tous ses états, associé à la curiosité, sont indispensables au développement de l’enfant dans cette période décrite par certains comme la Grande Enfance (Jacqueline Royer – Découverte de la Grande Enfance) ou “période de latence” (Freud).

Ce jeu qui est mal toléré par des parents qui voudraient souvent éviter toute désillusion à leurs enfants. Au début du XXème siècle, le célèbre pédiatre Winnicott affirmait déjà “C’est en jouant, et peut-être seulement quand il joue, que l’enfant, et même l’adulte, peut se montrer créatif.” Voir aussi l’ouvrage de Béatrice Copper Royer “Non, tu n’es pas encore ado !”.

La parents doivent – facile à dire – faire retomber la pression et surtout distinguer leur enfant de ses résultats scolaires. Mieux vaut dire “tes résultats m’inquiètent” que “tu m’inquiètes” mais aussi les comparaisons ou affirmations définitives “tu es nul en …”. Dédier des moments au jeu, s’autoriser et autoriser le “ne rien faire” qui laisse souvent place à l’imagination chez l’enfant, donner du temps à l’enfant et lui en accorder. Car les notes, tous les enseignants le disent, sont aussi le reflet des relations parents-enfants. Un conflit apparait immédiatement dans l’attention et les notes de l’enfant en classe. Ainsi les notes peuvent être à la fois un démon pour parents inquiets et indicateurs précieux pour parents vigilants…

Sans oublier que de même que les parents aspirent à faire une pause en rentrant chez eux après une journée de travail, leurs enfants aussi ont le droit d’oublier, de temps en temps, leur métier d’élèves.

A lire/voir pour compléter :

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